Jeudi 22 mai 2008
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Mercredi 21 mai 2008, vingt heure vingt six, à dix autour d'une table. Cheveux chatains clair, chemise blanche et pantalon noir, une lueur qui s'éteind dans les yeux, une flamme qui se referme sur
elle même avant de disparaitre, un air de déception sur le visage, malgrès ce faux sourire dessiné, comme découper dans une chaire à vif. Un sourire pour cacher les vraies émotions à maman, pour ne
pas qu'elle se rende compte du fait que, à dix huit ans, son garçon et déjà deçus, quand à ses perspectives d'avenir.
J'étais en face de vous. Vous savez jeune homme, il s'est passé la même chose dans nos têtes, dans la tête de tous les jeunes présent dans l'assistance de cette salle de Tournefeuille. Vous savez
je vous ai regardé, et c'est là que j'ai compris que l'on ressentait tous la même chose. Même si on y croyait pas, on avait tous un leger espoir, un "peut-être qu'avec un peu de chance..." , et
puis finalement la majorité aura fait la même chose, picoré les fraises et cerises sur la table, redemandé du vin rouge, et dévoré les éclairs au chocolat.. Histoire de ne pas s'être déplacé pour
rien, histoire de ce dire qu'au moins pour le temps qu'on a passé à y travailler à ce concours, on peut bien se remplir la panse et se mettre la tête. Parait qu'on écrit mieux quand on est saoul.
Ce soir nous écrirons bien. Ce soir nous serons des artistes.
Je vous ai trouvé séduisant, charmant plutôt. L'une de ses beauté qui plait en contexte, mais qui rendrait mal en photo. Les regards genés quand nos yeux se croisaient, alors que nous jonglions
d'un grand écran à l'autre, d'une lectrice à l'autre, d'un gagnant à l'autre.
Ca me plaisait bien comme idée, dans mon fauteuil rouge, je songeais au fait que c'était un début d'histoire qui me plaisait, j'adore les histoires comme celle-ci, un peu ridicules et clichées.
Mais ce n'était qu'un bon début, il n'y a pas eu de chute. Enfin.. je veux dire, le décor était planté, mais mis à part des regards et sourires, rien n'a été joué.
Je ne sais pas...j'aurais aimé lire votre oeuvre, rien que ça, ça aurait été satisfaisant. Juste afin qu'il y ai une suite à l'histoire, parce que là; je me retrouve à raconter un début d'histoire
qui n'a pas de suite, nous le savons.
Comme quoi, j'aime bien leur faire perdre du temps, aux gens.
"Mais il n'y a pas de moyen d'échapper à un jeu; l'équipe ne peut pas fuir le terrain avant la fin du match; les pions du jeu d'échec ne peuvent
pas sortir des cases de l'échiquier, les limites de l'aire de jeux sont infranchissables. La jeune fille savait qu'elle était tenue de tout accepter, justement parce qu'il s'agissait d'un jeu. Elle
savait que plus le jeu serait poussé loin; plus ce serait un jeu, et plus elle serait obligée de le jouer docilement. Et il ne servait à rien d'appeler au secour la raison et d'avertir l'âme
étourdie d'avoir à garder ses distances et de ne pas prendre le jeu au sérieux. Justement parce que c'était un jeu, l'âme n'avait pas peur, ne se défendait pas et s'abandonnait au jeu comme à une
drogue."